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TF1 NEWSjean claude mailly

Alors que les partenaires sociaux doivent recevoir le document d'orientation détaillant les pistes envisagées par le gouvernement pour réformer les retraites, le secrétaire général de FO veut prendre Sarkozy au mot.

D'ici lundi, les syndicats devraient recevoir un courrier impatiemment guetté : un document d'orientation d'une vingtaine de pages, dans lequel le gouvernement précise ses intentions pour réformer les retraites, après plus d'un mois d'une concertation qui n'a guère permis de rapprocher les positions sur les mesures à prendre face au creusement des déficits. Ce document est encore loin d'une proposition de réforme clés en mains : "C'est un document d'étape", insiste-t-on au ministère. Le but est de fixer de "grands principes sur lesquels le gouvernement s'engage". Le texte de l'avant-projet de loi étant attendu "dans la deuxième quinzaine de juin".

Mais au-delà de ces pistes, connues, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, rebondit dans un entretien que publie Le Parisien sur une déclaration de Nicolas Sarkozy, qui suggérait de demander un effort financier supplémentaire aux hauts revenus et aux revenus du capital. "Le relèvement de la taxation des dividendes, nous sommes pour", affirme le leader syndical. "Quant à la déclaration du président de la République, j'en prends acte, chiche !" Il n'en reste pas moins dubitatif : "mais j'attends de voir". Pour lui en effet, "il s'agit avant tout d'une annonce destinée à faire passer la pilule auprès des salariés". Car le leader de FO estime que "la crise pousse les gouvernements européens à se radicaliser en matière de retraites". Et il "redoute que la crise européenne serve de prétexte au gouvernement pour fermer certaines pistes, comme une hausse des cotisations ou de la CSG".

Le PS attend de faire connaître ses propositions 

Avec la publication d'une nouvelle salve de chiffres par le Conseil d'orientation des retraites mardi, l'ampleur des besoins de financement dans les années à venir est désormais connue, ainsi que l'impact des différentes mesures pour y remédier. Le "trou" du système des retraites, qui devrait dépasser cette année les 30 milliards d'euros, pourrait se creuser jusqu'à entre 40 et 49 milliards d'euros d'ici 2020, en fonction du scénario économique retenu, plus ou moins optimiste. A l'horizon 2050, cette fourchette pourrait aller de 70 et 115 milliards. L'intérêt d'un recul de l'âge légal de départ ou d'un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d'une retraite complète a été évalué : sans surprise, toucher au premier paramètre, la mesure la plus difficile à faire passer dans l'opinion, est aussi celle qui rapporte le plus rapidement des recettes.

L'hypothèse qui soulagerait le plus les finances est celle qui combine une durée de cotisation allongée progressivement à 43,5 ans avec un âge légal porté à 65 ans d'ici 2035 : elle permettrait de couvrir près de 60% des besoins de financement des retraites de base du privé d'ici 2050. Mais ce scénario suscite des interprétations diamétralement opposées. Pour les syndicats, il démontre qu'il est vain de ne demander des efforts qu'aux salariés, puisque même l'hypothèse la plus rude en termes d'allongement de la durée de leur vie active ne suffit pas à combler le trou. Les syndicats demandent donc au gouvernement de chercher de nouvelles sources de financement. Prélèvements sur les stock-options, sur les dividendes, hausse de la CSG, TVA sociale : les propositions syndicales foisonnent sans converger. Côté patronal, le Medef a une toute autre interprétation : les chiffrages du COR "montrent que des mesures d'âge et de durée de cotisation sont absolument nécessaires".

Dans cette querelle de chiffres, le PS laisse encore planer le suspense sur ses propositions. Martine Aubry a laissé entendre qu'elles seraient connues dans "quelques jours", tout en annonçant qu'elle comptait faire un "Tour de France pour les présenter aux Français". Elle a évoqué "une réforme complète du système qui va d'abord chercher d'autres ressources", mais aussi "une réforme juste qui prenne en compte la pénibilité" et des pistes pour que "les seniors puissent travailler après 50 ans dans un pays où le taux d'activité est l'un des plus bas" et où "les jeunes, quand ils sortent de l'école avec un diplôme ne soient pas des stagiaires pendant deux ans, sans cotiser". Mais pour l'heure, motus : elle a expliqué ne pas avoir divulgué "tout de suite" ses propositions "parce qu'on ne travaille pas en confiance aujourd'hui, on n'est plus vraiment en démocratie". La patronne du PS "craignait" que la droite ne prenne "une ou deux idées" en disant : "Vous demandez ça aux salariés. On le prend. Ah, même la gauche l'a proposé !".

 
Par TF1 News (D'après agence) le 16 mai 2010 à 07:47
Tag(s) : #REVUE DE PRESSE
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