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Négociation néttoyage des tenues : round 2

03 juillet

Au sein du groupe Carrefour, les salariés sont astreints au port d’une tenue de travail, obligatoire, remise par la société.
La direction fait part aux organisations syndicales présentes que le but de cette négociation est le dégagement d’un accord pour le futur mais aussi rétroactif, suite aux nombreuses procédures judiciaires en cours.


FO réagit à certains termes employés par la direction dans le préambule du projet d’accord : « Au sein des hypermarchés et des supermarchés notamment, cette pratique a suscité une controverse au sujet de la prise en charge du cout de l’entretien des vêtements de travail… »
Le mot « controverse » est largement inapproprié. Michel Enguelz rappelle qu’une jurisprudence a été rendue en 2008, et que la direction avait obligation d’ouvrir les négociations à ce sujet. Malgré cela, aucune proposition ne fut faite aux syndicats qui ont donc été dans l’obligation de prendre l’initiative d’enclencher des procédures judiciaires.

FO demande ainsi la prise en charge du nettoyage des tenues quelle que soit la qualification du salarié; qu’il soit employé ou cadre.
La direction acquiesce quant aux cadres présents sur la surface de vente. Eux seraient indemnisés contrairement au personnel des sièges qui ne disposent pas de tenues obligatoires.

FO soulève un autre problème qui se place logiquement en amont de celui-ci : avant de vouloir verser une indemnité de nettoyage, il serait préalablement nécessaire de fournir un trousseau convenable aux salariés. En effet, dans certains magasins, les salariés ne disposent que d’une seule tenue pour la semaine, ce qui soulève des problèmes évidents d’hygiène, perçus aussi bien par les salariés que par les clients.
Par ailleurs, la fréquence biannuelle des commandes est amplement insuffisante. Le délai de livraison est tel que des commandes passées en été ne sont honorées qu’en hiver.
La direction argue qu’elle souhaite conclure à un accord afin d’éviter toutes nouvelles divergences.

Michel Enguelz FO réplique que les tentatives de règlement interne des litiges ont échoué par défaut d’interlocuteur du coté de la direction.
Concernant le champ d’application du projet d’accord, l’exclusion des salariés profitant déjà du nettoyage de leur tenue de travail par le biais d’un prestataire externe pose également problème. C’est notamment le cas des métiers de bouche. Le nettoyage des sous pulls et des pantalons restaient d’ailleurs à la charge du salarié.

Concernant le montant proposé par la direction, c'est-à-dire 5€ brut/mois pour les bases contrat supérieur à 17h50, 2,5€/mois pour les bases contrat inférieur à 17h50 avec une augmentation à 5,50€ après un an d’ancienneté, puis 6€ après 2 ans, FO intervient en disant que les études de la direction sont basées sur des chiffres datant de 2007 et qu’il faudrait peut-être penser à réactualiser.

Selon Michel Enguelz, preuve à l’appui, la société demande 8€ à un salarié qui quitte l’entreprise et qui rendrait une tenue non lavée ou en mauvais état. Or, en considérant les 5€ proposés mensuellement pour le nettoyage des tenues, il y a là une incohérence manifeste. Les tenues ne peuvent pas rester neuve surtout si celle-ci date de plus de 5 ans. (Question posée en réunion DP par un élu FO).

L’effort financier « important » que la direction propose avec cette négociation, concernant environ 100 000 salariés, représenterait la somme « conséquente » d’environ 10 millions d’€.
Michel Enguelz rappelle que le prix du nettoyage est du même ordre de grandeur que le taux horaire avoisinant les 9€. Pour FO, cela reste donc largement insuffisant. De plus la société ayant fait d’énormes économies sur les frais de personnel (réduction d’effectifs de 20 à 30%), l’effort devrait pour FO s’avérer bien plus conséquent. Il cite en exemple le magasin de Ligny en Barrois qui est passé de 49 salariés à 30 dans un laps de temps d’une année.

La direction s’engagerait, par la signature d’un compromis supplémentaire avec les syndicats, à ne plus faire appel des décisions de justice sur les dossiers en cours, et proposerait une compensation financière pour clore les dossiers, en se basant sur une moyenne des condamnations déjà effectives.
Michel Enguelz rappelle à la direction que celle-ci refusait de négocier depuis 5 ans, et affirme qu’aujourd’hui, les salariés n’avaient plus peur de saisir le conseil des prud’hommes. « Ils n’hésiteront pas au vu de la retraite chapeau versée à M.Ollofson ». FO ne prendra donc pas la décision de signer un compromis qui pourrait s’avérer dans les faits moins favorables aux salariés.

Prochaine négociation prévue le 5 septembre 2012, puis le 24 septembre 2012.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE
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