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Cora ne licenciera pas la caissière accusée de vol de tickets

Cora ne licenciera pas la caissière accusée de vol de tickets

Les internautes se sont indignés de l'attitude de Cora sur la page Facebook du groupe. L'employée était accusée de vol après avoir récupéré un ticket de réduction laissé à sa caisse par un client. 

"Honte à vous", "des méthodes dignes d'un autre temps", "prétexte fallacieux", "grotesque"... Ce mercredi, les commentaires d'internautes indignés ont déferlé sur la page Facebook du groupe de distribution Cora. A l'origine de leur colère, la menace de licenciement qui plane sur une caissière d'un magasin de Moselle, accusée d'avoir utilisé une offre promotionnelle au dos du ticket de caisse d'une cliente qui l'avait abandonné.  

Face au tollé, "Cora Mondelange a décidé de ne pas poursuivrela procédure de licenciement engagée envers cette salariée", a déclaré un porte-parole à l'AFP. 

Déléguée syndicale CGT, élue au comité d'entreprise, la caissière avait été convoquée pour le 7 novembre à un entretien préalable au licenciement. Elle était accusée de vol par sa direction, qui a déposé plainte en septembre à la gendarmerie d'Uckange, selon Denis Pesce, secrétaire général de la CGT de la Moselle. 

Fin de la "chasse aux sorcières"

Employée depuis dix ans par l'hypermarché, la salariée, une mère de famille gagnant 940 euros par mois, a reçu un rappel à la loi du procureur de Thionville après avoir été interrogée pendant plus de deux heures par les gendarmes, a ajouté le responsable syndical. Celui-ci a dénoncé une "chasse aux sorcières" consécutive aux protestations exprimées par la CGT après des suppressions de postes. 

Dans un communiqué, la députée PS de Mondelange Aurélie Filippetti avait appelé la direction à "mettre fin à cette mascarade honteuse au nom du respect de l'action syndicale". 

Europe Ecologie-Les Verts avait aussi invité Cora à "mettre un terme final à cette procédure absurde", et fustigé l'attitude du parquet qui "en l'espèce aurait été bien inspiré de rappeler à la société Cora qu'il y a d'autres priorités pour la justice que de s'occuper de tickets de caisse destinés à la poubelle d'un supermarché". 

Menacée de licenciement pour un ticket de caisse ramassé

Une caissière fait l'objet d'une procédure de licenciement pour avoir récupéré l'offre promotionnelle au dos du ticket laissé par une cliente. 

Au dos du ticket abandonné par une cliente sur le tapis de caisse d'un magasin Cora de Mondelange, en Moselle, figurait une offre pour un fast-food. Anne-Marie, la caissière, a pensé faire plaisir à son fils, il y a environ deux semaines, en récupérant le coupon qui promettait "deux achetés pour le prix d'un". Le soir même, sa direction a porté plainte pour vol, considérant que le ticket de caisse était "la propriété de Cora", explique ce mercredi Anne-Marie, au micro de France Inter

L'accusation de vol pourrait faire sourire si elle n'avait convaincu la justice de donner suite à l'affaire. La caissière a été convoquée par la gendarmerie pour expliquer son geste, rapporte le Républicain Lorrain. Le procureur de la République lui a ensuite imposé un rappel à la loi. Convoquée le 7 novembre par sa direction pour un entretien préalable au licenciement, elle risque maintenant de perdre son emploi. 

L'affaire Cora, un classique de la grande distribution

Une caissière d'un magasin Cora est accusée de vol et menacée de licenciement pour avoir ramassé un ticket de caisse. L'affaire choque mais n'est pas complètement inédite, tant la suspicion est fréquente envers les salariés du secteur. 

"Honte à vous", "des méthodes dignes d'un autre temps", "prétexte fallacieux", "grotesque"... La direction des hypermarchés Cora a dû attraper des sueurs froides en voyant déferler les commentaires d'internautes sur la page Facebook du groupe mercredi. A l'origine de leur colère, la menace de licenciement qui plane sur une caissière d'un magasin de Moselle, accusée d'avoir utilisé une offre promotionnelle au dos du ticket de caisse d'une cliente qui l'avait abandonné. 

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, drainant des réactions indignées par un motif aussi dérisoire. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'un licenciement controversé -et médiatisé- égratigne la grande distribution. Début juillet par exemple, un Marseillais de 59 ans, employé chez Monoprix, a été mis à pied pour avoir récupéré six melons et deux salades dans la benne du magasin. "Quand je suis passé devant la poubelle, j'ai vu ces fruits qui allaient être jetés. J'ai décidé de les rapporter pour la maison. C'était juste pour les manger", s'était-il défendu. Sous la pression médiatique, il a été réintégré, mais un mois plus tôt, une employée de la supérette bio La Vie Claire, n'avait pas eu cette chance. Surprise en possession de deux kilos de légumes retirés des étals, elle s'était fait licencier. De même pour une salariée d'ED, à Dieppe, après la découverte dans sa voiture de légumes "défraîchis". 

Parole contre parole

Souvent dans ces cas là, la parole du salarié affronte celle de l'employeur. Le premier estime que sa direction cherchait à se débarrasser de lui, et qu'elle a sauté sur le premier prétexte venu. Le second évoque des faits répétés ou une menace pour l'entreprise. "Tout est question d'équilibre, de contexte et de proportion, estime Julien Boutiron, avocat et auteur du "Droit du travail pour les nuls". Quelqu'un qui récupère pour soi des biens condamnés à être jetés n'est pas moralement condamnable, c'est même une question de bon sens. Mais l'employeur peut aussi considérer que, si les biens nourrissent d'autres personnes, ils les privent de clients." 

Si les cas de conflits éclatent régulièrement, c'est aussi parce qu'il "existe chez les grandes enseignes une suspicion forte de vol à l'égard des employés, qui se traduit par une politique intransigeante, juge Christophe Vignon, maître de conférences à l'IAE de Rennes - Université de Rennes 1. Auteur d'un ouvrage sur le management des ressources humaines dans la grande distribution, il cite par exemple le cas d'Auchan, "où les salariés sont contrôlés tous les jours par tirage au sort. Dans d'autres enseignes, trois trous de caisse consécutifs peuvent conduire à la porte", poursuit-il. 

La caissière arrive en bout de chaîne

A l'origine de ce "fantasme du vol", une hausse du nombre des larcins commis dans les grandes surfaces, mais aussi le système de management du secteur. "Ce n'est pas l'entreprise qui décide de considérer que les caissières sont des voleuses. Mais les managers de chaque magasin sont soumis à une telle pression qu'ils regardent chaque matin leurs chiffres d'affaires et leurs marges, en les comparant avec ceux des autres magasins de la même enseigne", observe Christophe Vignon. "Ils savent que leur avenir professionnel en dépend, car s'ils peuvent monter très vite, ils peuvent aussi se faire mettre à la porte très rapidement. C'est donc un effet de système, de ricochet, où la caissière arrive en bout de chaîne", conclut-t-il. 

Du coup, les règlements intérieurs transforment parfois en fautes graves des comportements qui peuvent sembler futiles. Dans l'affaire du Monoprix de Marseille, le groupe avait affirmé que son règlement interdisait aux salariés de se servir dans les poubelles. Une défense similaire n'est pas exclue dans le cas Cora: pour Maître Yves Nicol, avocat spécialisé en droit du travail, "il est fréquent dans la grande distribution, que les salariés d'une enseigne n'aient pas le droit d'utiliser pour eux les promotions destinées aux clients". 

 

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE
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