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113 salariés de l’hypermarché d’Angoulins réclament 1 500 euros chacun à leur employeur… pour payer leur lessive.

 

Les avocats prêts à en découdre pour des histoires de vêtements. (photo xavier léoty)

Si l’habit ne fait pas le moine, il fait parfois le salarié. Ceux de l’hypermarché Carrefour d’Angoulins sont tenus d’enfiler l’uniforme que leur impose leur employeur, jupe ou pantalon pour les dames, avec gilet ou doudoune aux couleurs de l’enseigne, T-shirt ou sweat-shirt siglé pour les hommes. « Je porte la tenue et le badge, comme ambassadeur de Carrefour », stipule le règlement intérieur du magasin.

Ces vêtements (de marque) sont gracieusement fournis par la maison, ce qui est la moindre des choses. Mais c’est au salarié d’en assurer l’entretien. Et il n’est pas d’accord. D’où l’avalanche de procédures qui voient tous les conseils de prud’hommes de France et de Navarre transformés en arbitres du dialogue social au sein du premier groupe de distribution français. La question étant : qui doit payer le pressing ?

 

25 euros par moisPour trancher cette considérable querelle, le conseil des prud’hommes de La Rochelle s’est mis hier sur son 31. Il a délocalisé l’audience au tribunal de grande instance, afin d’accueillir au mieux toutes les parties en cause. Ils sont 113, en effet, soutenus par le syndicat Force ouvrière, à avoir assigné la société Sogara, propriétaire du Carrefour d’Angoulins et de quelques autres en Aquitaine. La plupart des plaignants sont venus, en tenue de ville ; les autres, au travail, sont excusés.

Leur avocate, Me Laurence Audidier, a sorti sa calculette. Elle évalue à 25 euros par mois, soit 300 euros par an, ce que coûte à chacun l’entretien de son uniforme. Une cote bien taillée, dit-elle, à mi-chemin entre les 15 euros accordés par les prud’hommes de Montpellier et les 39 euros évalués par ceux de Bayonne.

NégociationsCar l’affaire a déjà été jugée sur le fond. À trois reprises, rappelle Me Audidier, la Cour de cassation a donné raison aux salariés de Carrefour ou d’ailleurs : c’est bien à l’employeur de s’occuper de leur garde-robe. Il le fait déjà pour les agents de maintenance soumis à des tâches « salissantes ou insalubres », il le fait aussi pour ceux qui tiennent les rayons poissonnerie, boucherie ou boulangerie, mais il doit le faire pour tous ceux contraints de porter la tenue maison.

300 euros par an ? La facture est un peu trop salée au goût de Me Philippe Clément, du barreau de Lyon, l’avocat de la Sogara. « Surtout si on l’applique aux 71 340 salariés du groupe en France ! » Il cite deux études selon lesquelles laver un kilo de linge coûte entre 15 et 22 centimes. « Et c’est encore moins cher avec de la lessive Carrefour, de l’adoucissant Carrefour, dans une machine Carrefour ! »

Ce procès « n’a pas lieu d’être », poursuit Me Clément. Le débat relève des négociations salariales avec les organisations syndicales, pas des juges du travail. Un projet d’accord a été établi sur la base de 5 euros par mois pour les employés concernés. Mais l’union départementale Force ouvrière l’a rejeté.

Le conseil des prud’hommes a mis son jugement en délibéré au 13 mars prochain.

 

Source: sudouest.fr

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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