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Linéaires s’est rendu en simple visiteur au Carrefour de Vénissieux, magasin pilote du nouveau concept censé réinventer l’hyper. Le magasin ne sera officiellement inauguré que fin août. Mais les travaux ont déjà bien avancé…

 

EXCLUSIF !

 

Vénissieux sous haute surveillance. Si la banlieue chaude de Lyon attire les regards, ce sont uniquement ceux des dirigeants de Carrefour. Et pour cause. Dans ce 15 000 m2, 8e Carrefour français en CA (215 M€), les équipes de Lars Olofsson tentent de « réinventer l’hyper », selon la terminologie maison. Le challenge est à la hauteur de l’enjeu : redonner du punch aux hypers Carrefour, qui patinent depuis 10 ans déjà.

La fameuse « I6 » (Initiative 6) ne verra sa concrétisation officielle que fin août. Car le chantier a accumulé les retards. Initialement, Carrefour Vénissieux devait être prêt pour la mi-mai. Mais à cette date, l’hyper était encore le seul en chantier parmi les cinq unités lyonnaises formant le groupe test « I 6 » (Vénissieux, Ecully, Givors, Francheville et Villeurbanne). De source sûre, l’autre 15 000 m2 lyonnais, Ecully, devra néanmoins inaugurer le nouveau concept le même jour que Vénissieux. Il y a donc grande urgence…

A cette heure, il est bien sûr délicat de porter un jugement sur un projet non encore abouti. « Le meilleur reste à venir », murmure-t-on chez Carrefour. Malgré tout, une bonne partie des travaux a déjà été réalisée à Vénissieux et l’hyper prend sérieusement tournure. Linéaires n’a donc pas résisté à la tentation d’une virée lyonnaise, en marge de tout cadre officiel. Bilan provisoire et lapidaire : ceux qui espéraient une véritable révolution en seront sans doute pour leurs frais. A ce stade, l’ « I6 » propose plus une synthèse de tendances et d’idées dans l’air du temps qu’elle ne casse réellement les codes de l’hyper. Le compte rendu de cette première visite est à lire dans le numéro de juin de Linéaires.

 

Quelques observations au fil de la visite

- Un univers bio « tous produits » sera bientôt implanté, en voisinage immédiat des fruits et légumes. Plutôt malin, dans le sens où les fruits et légumes AB seront ainsi tout proches de leur famille d’origine, même si leur îlot est distinct.

 

- Sur la zone marché, l’offre frais-emballé à la crémerie, charcuterie ou marée occupe une place sensiblement plus importante que dans un hyper Carrefour équivalent.

 

- A ce stade, aucune initiative nouvelle ne semble distinguer la boul-pât. Le mobilier n’a même pas été changé. Idem pour la marée, où Carrefour reste fidèle à ses grandes tables inclinées, toujours efficaces pour visualiser l’offre d’un coup d’oeil.

 

- La cave à vins (et spiritueux) ne propose pour l’heure aucune innovation particulière. Les grands crus sont même traités comme de simples vins de table. Outre le mural, le rayon sous alcôve compte cinq (petites) gondoles parallèles en îlots. Les observateurs curieux auront remarqué que seule la troisième d’entre elles (celle du milieu donc) est montée sur d’imposantes roulettes, ce qui permettra de moduler l’implantation.

 

- Une bonne partie de l’offre petit électro est éclatée pour rejoindre les produits du même univers de consommation. Les sèche-cheveux sont implantés avec les shampooings, par exemple. Séduisant sur le papier. Restera à organiser le conseil clients dans les rayons PGC…

 

- Un linéaire piles et ampoules a été implanté avec les PGC, dans le rayon droguerie. Pas bête, car cela colle avec leur logique de « consommable ».

 

- L’univers animaux se situe entre la droguerie et l’épicerie et pas avec le non-al, comme c’est souvent le cas dans les Carrefour.

 

- Les tablettes en épicerie paraissent peu profondes, seraient-elles moins larges que précédemment afin de limiter les stocks ? On peut le penser, d’autant que certains modules de prêt à vendre, conçus spécifiquement pour Carrefour, peinent à rentrer sur le nouveau mobilier…

 

- Dans le prolongement du rayon, côté allée centrale, l’ultra-frais bénéficie d’un grand bac promo permanent, ce qui est probablement une bonne idée vue l’animation de ce rayon et son poids dans le CA.

 

- Carrefour joue très peu sur la nature des sols. Parmi les rares exceptions, une résine plastique grise (du même type que celle installée à Carrefour Auteuil) habille la parfumerie (maquillage et colorations).

 

 

 

Qui a inspiré Carrefour ?

On retrouve à Vénissieux des idées testées ou déployées ailleurs. Hasard ou véritable inspiration, qu'importe, l'exercice de comparaison est toujours instructif.

 

 

Le corner à service regroupant confiserie, fruits secs et olives est un grand classique historique chez Grand Frais. Carrefour le reprend à son compte, sur un mode nettement plus modeste.

 

Carrefour a visiblement été séduit par le caractère dépouillé du rayon fruits et légumes (simple empilement de caisses plastique) testé depuis 2008 par Auchan (ici à Pérols). Mais Auchan a depuis changé en partie son fusil d'épaule...

 

 

Les cosmétique "naturels", portés par l'Occitane, sont à la mode. Carrefour se laisse tenter comme l'avait fait avant lui Auchan Issy-les-Moulineaux, avec un rayon très ressemblant.

 

 

Les vitrines verticales avec tablette horizontale restent très peu fréquentes sur la zone marché. Avant Carrefour, Bruno Mandroyan, Associé U à Dannemarie avait tenté l'expérience. Plutôt réussie.

 

 

Toujours au Super U de Dannemarie, la bergerie charcuterie-fromage a été conçue pour être modulable, avec une juxtaposition de petits meubles à groupe logé. Une façon d'animer la zone marché en déplaçant la bergerie et en adaptant sa taille, en fonction des saisons.

 

La façon dont Carrefour met en scène son stock marchandises à Vénissieux n'est pas sans rappeler feu le Marché de Casino (2006) qui théâtralisait fortement sa "cave d'affinage".

 

source www.lineaire.com

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE
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