Les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont subi un nouveau recul en février, avec une baisse de 1,2% par rapport au mois précédent, selon des chiffres publiés jeudi par l'Insee.

Un résultat décevant pour les analystes interrogés par Dow Jones Newswires qui s'attendaient au moins à une stabilité sur un mois.

Prime à la casse

Les dépenses de consommation en produits manufacturés avaient déjà baissé de 2,5% en janvier, plombées par le recul des achats automobiles (-16,7%) avec la diminution du montant de la prime à la casse.

En février, l'effet est beaucoup moins net mais la baisse des achats automobiles est toujours marquée (-1,5%) alors que la prime à la casse a porté le secteur durant toute l'année 2009.


Les dépenses en biens durables baissent également encore en février, "mais légèrement (0,8 %) ; elles avaient fortement reculé en janvier (-7,7 %)", selon l'Insee.

L'effet des soldes

Les ménages français ont surtout beaucoup moins dépensé en achats de textile-cuir le mois dernier. Après deux mois de croissance, la consommation dans ce secteur chute de 5,4%.

"Cette baisse est en partie imputable à la modification du calendrier des soldes : sur les deux premiers mois de l’année, le nombre de semaines de soldes fixes a diminué (5 semaines contre 6 jusqu’en 2008). En contrepartie de ce dispositif, les commerçants bénéficient d’une semaine de soldes flottantes", explique l'Institut.


Les dépenses en équipement du logement ont également diminué (-0,4%), après un mois de janvier plutôt dynamique (+1,2%).

Ces chiffres révèlent "toute la faiblesse de la conjoncture actuelle : le chômage continue d’augmenter, les salaires stagnent, les prix grignotent le pouvoir d’achat et lesFrançais sont tentés de reconstituer une épargne de précaution conséquente. En somme, le premier trimestre est bien mal engagé : toute hausse du PIB ne refléterait que des ajustements techniques (nous attendons en effet toujours que débute réellement le processus de restockage), mais ne saurait témoigner d’une vigueur retrouvée de l’économie française", analyse ainsi l'institut d'analyse Xerfi dans un communiqué.