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ING verrait Carrefour quitter la Belgique

28 avril


Myriam Delmée,
vice-présidente du Setca
Selon des analystes d’ING, Carrefour envisagerait de sortir de plusieurs marchés dont la Belgique afin de satisfaire ses actionnaires mécontents. L’hypothèse paraît toute fois peu plausible.


Nouvelles rumeurs autour de Carrefour. Dans une récente note publiée la semaine dernière, les analystes d’ING aux Pays-Bas se sont penchés sur le cas du numéro deux mondial de la grande distribution secoué par une succession d’avertissements sur résultats et une valse de managers.

Dans ce document, ING estime que le nouveau PDG, Georges Plassat, réputé pour ne pas avoir d’états d’âme, pourrait annoncer lors de la présentation des résultats semestriels en août prochain, le départ du groupe d’une série de marchés. Ils citent en première ligne l’Argentine, la Malaisie, la Pologne, la Roumanie, Taiwan et la Turquie. En deuxième ligne, viendraient la Belgique - dont ils estiment le potentiel faible en raison de sa structure - et la Grèce.
De grands marchés émergents à fort potentiel, comme la Chine et le Brésil devraient être épargnés.

"Carrefour a eu trop de CEO et de stratégies différentes au cours de la dernière décennie, écrivent les analystes. Ces derniers temps, il a davantage copié ses concurrents qu’innové. Nous pensons que Carrefour pourrait se retirer de certains marchés afin de générer du cash pour les actionnaires mécontents". 
A commencer par le fonds Colony Capital et le milliardaire Bernard Arnault, entrés dans Carrefour en 2008 et qui ont vu de puis leur mise être divisée par plus de 2,5.
Les analystes estiment que, pour s’en sortir, Carrefour doit réduire la voilure. Ils plaident pour un désinvestisse ment dans l’hypermarché au profit du commerce électronique. Tout le contraire de ce qu’a fait le PDG sortant Lars Olofsson, dont la tentative de relancer l’hyper avec le concept Planet a jusqu’à présent échoué, sauf en... Belgique.

Pure spéculation

La Belgique, précisément ne serait donc touchée que dans un deuxième temps selon ING. La direction, on s’en doute, se refuse à tout commentaire et renvoie à la maison mère. "Le groupe n’a pas l’habitude de commenter des rumeurs et de pareilles spéculations", nous a répondu, selon la formule consacrée Vera Vermeeren, porte-parole de Carrefour Belgique.
Du côté syndical, on reste prudent: "Ce n’est pas un sujet dont on parle au sein de l’entreprise, réagit Myriam Delmée, vice-présidente du Setca; aujourd’hui, la filiale belge se redresse et on est en phase de déploiement du programme de polyvalence conformément aux accords passés avec la direction. Et puis, si la filiale belge n’est pas la plus performante, elle est loin d’être la plus mauvaise du groupe!" Mais, ajoute la syndicaliste, "avec Carrefour on a appris à être méfiant: il y a deux ans on ne s’attendait pas à un plan de restructuration de l’ampleur de celle que l’on a connue.".

Professeur spécialisé en distribution à la Vlerick Management School, Gino Van Ossel, se dit assez étonné par le scénario échafaudé par ING. "Il faut sans doute y voir les ambitions d’Ahold qui a débarqué sur le marché belge en 2011 via la chaîne Albert Heijn et qui pourrait être un acquéreur po-tentiel, mais cette hypothèse me laisse sceptique.  Récemment le COO d’Ahold a indiqué que l’avenir de son groupe ne se situait pas dans les hypermarchés. Or, il y en a encore plus de quarante en Belgique. Je vois plutôt Albert Heijn tenter de rallier à lui des indépendants de Carrefour, cela lui coûtera beaucoup moins cher!"
Quant à voir des acteurs locaux s’y intéresser, Gino Van Ossel n’y croit pas trop: "Cela créerait des problèmes de concurrence dans un marché où on estime qu’il n’y en pas assez."

Alors, pure spéculation ou réelle info ? Réponse au plus tard fin août lors de la présentation des semestriels, la première de l’ère Plassat.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE
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