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LSAMorceaux choisis de l'entretien avec Noel Prioux dans le cadre de notre dossier sur les 50 ans de l'hyperl y a 50 ans et… un jour s’ouvrait le premier hypermarché de France, le Carrefour de Sainte-Geneviève-des Bois. Dernière étape du dossier spécial de lsa.fr consacré au sujet avant de s’intéresser à la célébration officielle qui aura lieu demain : les morceaux choisis de l’entretien effectué avec Noël Prioux, DG de Carrefour France et grand expert du format, aussi bien en France qu’à l’étranger, puisqu’il a dirigé les filiales espagnoles et colombiennes. Un entretien qui a nourri le numéro spécial de LSA du 6 juin (2278) consacré aux hypers.

 

"Ce que caractérise l’hyper, c’est sa capacité à s’adapter, en 50 ans il n’a pas cessé d’évoluer. Il possède une force de frappe incomparable pour réagir et agir. Si on a un bon emplacement, de la surface et un grand parking, je ne vois pas ce qui peut l’empêcher de continuer d’être une formule à succès. On peut aussi profiter de ces espaces pour faire d’autres formes de commerce, par exemple utiliser les parkings quand ils sont fermés pour des opérations spéciales ou des brocantes.

Le web nous donne de nouvelles opportunités pour renforcer le contact clients et les expériences d’achat en magasins et surtout il va nous permettre de revenir au principe même de l’hyper : le tout sous le même toit et d’aller redécouvrir des catégories qu’on avait un peu délaissé comme le bricolage, encore plus si on harmonise demain la taxation avec les pure player comme cela semble devoir être le cas. Je me ferai plus de soucis pour l’avenir de ces derniers que pour nous.

En fait, internet est un canal complémentaire à l’hyper et il est clair que celui qui aura le plus de points physiques en France disposera d’un avantage décisif : c’est notre cas avec notre stratégie multi-format et nos 4500 points de distribution potentiels, ça l’est moins pour certains de nos concurrents, beaucoup plus mono-format.

Expansion ? Il y a toujours quelques gros hypers à construire, les villes bougent et les bons emplacements d’il y a 20 ans ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui, enfin il y a le parc de supers que l’on peut faire grandir. Les murs digitaux tactiles que nous testons actuellement dans trois magasins pourront permettre (objet taille réelle) aussi de proposer de très vastes assortiments dans très peu de m², c’est une nouvelle forme d’expansion… Cela va nous permettre d’aller plus loin dans le service, le conseil et vendre autrement : le vendeur de demain s‘appuiera à l’évidence beaucoup plus sur des outils tactiles.

Le Web est aussi un formidable outil de travail, si je veux savoir ce pensent mes clients des produits frais, je lance une enquête chaque mois auprès de 16000 clients et j’ai une image précise magasins par magasins. On peut aussi faciliter la sélection des assortiments via le web, demander leurs avis à nos clients.

L’hyper offre le meilleur CA au m² du retail, nous devons sans cesse nous adapter, faire des choix, redéfinir nos priorités. Le prix reste la première de ces priorités, sans oublier la dimension services avec des chantiers lancés autour de l’attente aux caisses, de l’accueil, des erreurs de prix. Nous poursuivons surtout un travail de fonds pour améliorer la qualité de nos produits frais avec un renforcement des équipes et de nouveaux niveaux d’exigence.

Nous devons faire sans cesse évoluer les catégories et toutes celles que nous avons revu ces derniers temps redécollent. On s’est trop souvent focalisé sur les catégories en difficulté, mais il faut aussi se pencher sur celles qui marchent et sont très rentables. On vient de le faire avec succès par exemple sur la papeterie.

Les années de crise sont aussi des années d’opportunités pour l’hyper car tous les m² ouverts par les catégories killers pendant les années de croissance deviennent beaucoup plus difficiles à rentabiliser que les nôtres.

Très positif ? Oui car il y a beaucoup d’opportunités qui s’ouvrent, beaucoup de cartes vont être redistribuées et nous avons de sacrés avantages à faire jouer, plus que les spécialistes à mon sens avec des possibilités de péréquations bien supérieures à eux. Si le ralentissement économique se prolonge durant les deux trois prochaines années, l’hyper va faire un retour en force. 

En période de crise, il faut hausser le niveau d’exigence et rassurer les clients. Nous avons retravaillé sur toutes les étapes du parcours clients, amélioré notre niveau de services, diminué les ruptures, testé des pilotes très efficaces pour diminuer les ruptures sous promo. Dans les produits frais, l’amélioration de la qualité s’est traduite par une augmentation des ventes."

Propos recueillis par Jérôme Parigi

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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