Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Carrefour se redresse en 2012

07 mars

Après une année 2011 catastrophique, le groupe français de distribution Carrefour a redressé la barre en 2012 avec des résultats meilleurs que prévu, grâce à des cessions. bénéficiant aussi de la croissance de son activité en Amérique latine et d'une amélioration en France.


Plombé par la crise en Europe et la perte de vitesse de ses hypermarchés en France, le numéro deux mondial du secteur avait subi une chute de 14,3% de son bénéfice net en 2011. En 2012, année marquée par l'arrivée d'un nouveau patron, Georges Plassat, le groupe a triplé son bénéfice net, à 1,23 milliard d'euros, a-t-il annoncé jeudi.

Carrefour: le paquebot « vibre », appareillage immédiat?
Il semblerait que le paquebot Carrefour ait commencé à virer. Le commandant Plassat, qui a pris la barre il y a un peu plus de six mois, a fait bouger la proue du navire pour éviter des récifs qui se rapprochaient dangereusement. La trajectoire est bonne, mais vu la taille du bateau, il est encore trop tôt pour dire si la manœuvre va réussir.

Pour son premier semestre à la tête de Carrefour, l’objectif de Georges Plassat consistait surtout à enclencher une nouvelle dynamique au sein du deuxième groupe de distribution mondial. Le PDG, parle de période "vibration". Facile et pas facile à la fois. Facile, parce qu’il n’était quand même pas évident de faire pire que la précédente direction. Pas facile, parce qu’il a fallu remonter le moral des troupes passablement démotivées et parce que la conjoncture, elle, s’est considérablement dégradée.

Voilà pour l’environnement, mais après tout, seul le résultat compte et notamment le résultat opérationnel courant. La bonne nouvelle cette année: les magasins en France contribuent à l’amélioration d’ensemble, alors qu’en 2011, ils plombaient la rentabilité. Pour mémoire, le résultat opérationnel courant en France avait plongé de près d’un tiers, pour le dernier exercice de Lars Olofsson. Cette année, il progresse de 3,5%.

Le nouveau PDG a donc fait le job: les frais généraux, qui frisaient la caricature chez Carrefour, baissent enfin. Les prix dans les rayons aussi et, comme par enchantement, les clients commencent à revenir. Enfin, l'église a été remise au centre du village: les directeurs de magasins ont à présent la main sur ce qu'il faut mettre dans les rayons.
Dans l’arrière-boutique, ça bouge aussi: la chaîne logistique, mieux maîtrisée, a permis de faire baisser les stocks. De quoi redonner un peu d’air à une trésorerie, qui commençait à en manquer sérieusement. Enfin, la dette, passant de 4,32 milliards d'euros à 2,16 milliards d'euros fin 2012 revient à des proportions plus en phase avec la capacité du groupe à générer des profits.

En même temps, il n’y a pas de quoi s’emballer. La marge opérationnelle courante est de deux points inférieure à celle de Casino.
En fait, c’est à l’étranger que Carrefour déçoit le plus. La rentabilité en Chine continue à reculer, contrairement à celle d’Auchan. Quant à l’Europe du Sud, entre l’explosion du chômage et l’austérité budgétaire, pas besoin de faire un dessin pour savoir que les affaires de Carrefour ne sont pas près de s’y arranger.

Sur l'organisation de l'entreprise
"Nous avons vécu depuis un an une étape de vibration où l'on a plus conduit les gens à se poser des questions qu'à apporter des certitudes. Cette étape débouche sur un principe bien compris de décentralisation et de responsabilisation. Avec pour mission de remettre le client au cœur du sujet.
Nous allons rentrer dans une phase d'exécution. Mais nous avons encore du mal à passer à l'acte. Il y a notamment des difficultés informatiques et logistiques. Ces sujets techniques ne supporteront plus de caprice. Cette phase d'exécution est exigeante, elle implique métier, discipline et patience. Le groupe a tous les atouts pour réussir.

Concernant la décentralisation, elle se fera dans le temps et dans des proportions acceptables. Les anciennes méthodes doivent évoluer. On s'adresse à l'organisation et aux hommes. Les structures sont autobloquantes, elles doivent être allégées, l'organisation doit être souple. C'est incontournable en France. Il faut sortir des baronnies et des territoires. Cela va générer une évolution de l'organisation en France (le découpage du réseau en trois formats de petits, moyens et grands hypers est notamment remis en cause au profit d'une logique par bassin, plus classique).

1 milliard d'investissements en France
En France, les investissements se répartiront pour moitié entre rénovation des points de vente et expansion, pour un investissement total proche de 1 milliard d'euro. Soit une cinquantaine d'hypers rénovés cette année.

En arrivant, M.Plassat avait prévenu: la distribution est une affaire de détails, d’ajustements au plus près du client, de retour aux bases du métier. Le PDG n’avait pas promis le grand soir, mais s’était fixé trois ans pour redresser la boutique. Les deux ans qui lui restent ne seront pas de trop pour passer de la "vibration" à l'exécution.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :