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CARREFOUR ET COUCHE-TARD RENONCENT À UN RACHAT MAIS ENVISAGENT DES "COOPÉRATIONS INDUSTRIELLES"

Selon des informations de BFMTV et BFM Business, les deux groupes renoncent à un rachat de Carrefour par Couche-Tard, mais envisagent désormais un partenariat industriel et opérationnel. Dans un communiqué, les deux entreprises précisent les contours de cette coopération.

 

Carrefour ne deviendra pas Canadien, pour le moment. Les deux entreprises renoncent à un rapprochement sous la forme d'un rachat de Carrefour par Couche-Tard, a-t-on appris ce samedi à l'issue d'un Conseil d'administration du distributeur français.

Selon des informations de BFMTV et BFM Business, les deux distributeurs envisagent désormais de travailler ensemble sous la forme de "coopérations industrielles". Les deux groupes pourront ainsi contourner le veto de Bercy, en mettant place un "partenariat industriel et opérationnel".

Dans un communiqué publié dans la soirée, Carrefour et Couche-Tard ont précisé que les premiers domaines de coopération se feraient dans le "partage de bonnes pratiques dans la distribution de carburant, le développement d’achats en commun, des partenariats sur le développement et la commercialisation de marques de distributeurs, le partage d’expertise et le lancement d’innovations pour améliorer l’expérience client, et l’optimisation de la distribution de produits sur les géographies communes aux deux groupes".

CARREFOUR ET COUCHE-TARD RENONCENT À UN RACHAT MAIS ENVISAGENT DES "COOPÉRATIONS INDUSTRIELLES"

Les discussions entre les deux groupes sur la base du projet d'origine (un rachat de Carrefour valorisé plus de 16 milliards d'euros par Couche-Tard) s'arrêtent donc, moins d'une semaine après avoir débutées.

Les deux groupes ont renoncé après une rencontre entre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le fondateur de Couche-Tard Alain Bouchard qui a eu lieu vendredi. Bruno Le Maire a confirmé le "non courtois, mais clair et définitif" qu'il avait exprimé vendredi matin sur BFMTV et RMC, évoquant la sécurité alimentaire du pays et le refus de voir passer sous pavillon canadien le premier employeur privé de France.

Une prise de position d'autant plus dissuasive que le gouvernement a le pouvoir de bloquer les opérations de rachat dans l'industrie agroalimentaire, via la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers.

Un rachat après la présidentielle?

Pour tenter de rassurer Bercy, Alain Bouchard avait pourtant fait des promesses: plusieurs milliards d'investissements dans Carrefour, un maintien de l'emploi pendant deux ans et une cotation du groupe en Bourse à Paris, en parallèle avec le Canada.

Selon nos informations, dès le début des discussions entre les deux groupes, Carrefour avait posé des conditions au canadien: notamment le souhait d’un mariage équilibré, avec une part française forte dans le nouvel ensemble, une autonomie de Carrefour, une préservation de la marque, un siège à Paris ou encore des garanties sur les emplois et l’approvisionnement agricole. Des arguments qui n’ont pas suffi à Bruno le Maire qui d’ailleurs n’a pas attendu d’avoir en main les détails du dossier pour déclarer dès jeudi sur le plateau de C à Vous sur France 5:

"Nous ne sommes pas a priori favorable à cette opération. Carrefour c'est un chaînon essentiel dans la sécurité alimentaire des Français, dans la souveraineté alimentaire des Français."


Pour les deux entreprises pas question d’enclencher un bras de fer avec l’Etat, alors qu’à quelques mois de l’élection présidentielle française le dossier prenait une tournure politique. Elles préfèrent contourner le problème en travaillant ensemble via des coopérations, pour le moment, quitte selon nos informations, à aller "plus loin" dans 18 mois.

CARREFOUR ET COUCHE-TARD RENONCENT À UN RACHAT MAIS ENVISAGENT DES "COOPÉRATIONS INDUSTRIELLES"
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