Ce n'est pas une surprise, 2010 s'oriente mal pour le pouvoir d'achat, selon la note de conjoncture de l'Insee, parue vendredi. La surprise, elle, est venue en 2009.

Grâce à une inflation quasi-nulle et aux mesures de relance, le pouvoir d'achat du revenu disponible des Français s'était maintenu l'an passé en pleine crise. Il avait progressé de +2,2% en 2009 contre +0,7% en 2008 et +3% en 2007.

Par unité de consommation, c'est-à-dire en tenant compte de la démographie et des dépenses que l'on peut partager au sein d'un ménage, le pouvoir d'achat progressait néanmoins plus faiblement à +1,2%.

Les revenus souffrent

Mais cette relative bonne performance, qui doit être comprise à l'échelle du pays et non d'un ménage moyen, ne s'expliquait pas par la hausse des revenus d'activité. Au contraire, la masse salariale a stagné et les revenus des entrepreneurs individuels a baissé de 1,2%.

Ce sont bien les conséquences de la crise, le recul des prix de -0,2% en 2009, les prestations sociales (+4,9% contre +3,5% en 2008), les mesures de relance pour les ménages (prime de solidarité active, prime de 150 euros aux bénéficiaires de l'allocation de rentrée scolaire, RSA) et les baisses d'impôt qui ont dopé le pouvoir d'achat.

En 2010, ces mesures vont s'épuiser et l'inflation refaire son apparition si bien que l'Insee s'attend à un ralentissement sensible du pouvoir d'achat au premier semestre de +0,3% contre +1,2% au second semestre 2009 car la masse salariale perçue par les ménages et les revenus des entrepreneurs individuels ne permettront pas de prendre complètement le relais.

SOURCE WWW.E24.FR