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erzack Harchaoui a dû fermer son magasin ED à Evry. Se sentant floué par la maison mère, il saisit le tribunal avec d’autres gérants.

Julien Heyligen | Publié le 18.02.2013, 04h08

 Evry, mercredi. Après des mois de conflit avec le groupe DIA, Merzack Harchaoui a été contraint de baisser le rideau de fer de sa supérette à la mi-décembre. Il est en cours de liquidation judiciaire et réclame 2,5 M€ de dommages et intérêt.

Evry, mercredi. Après des mois de conflit avec le groupe DIA, Merzack Harchaoui a été contraint de baisser le rideau de fer de sa supérette à la mi-décembre. Il est en cours de liquidation judiciaire et réclame 2,5 M€ de dommages et intérêt.

 

Ils sont « au bout du rouleau ». Une vingtaine de commerçants franchisés de l’enseigne DIA ou ED ont monté un dossier pour se plaindre de leurs conditions de travail.
La moitié des franchisés, répartis notamment entre l’Essonne,  et la Seine-et-Marne, a déjà saisi les tribunaux de commerce. « Nous avons été trompés sur toute la ligne », clame Merzack Harchaoui, locataire gérant d’une supérette ED à Evry.

 

Aujourd’hui, cet homme de 33 ans n’a plus les moyens de poursuivre son activité. Son magasin est fermé depuis la mi-décembre. Sa seule option reste la liquidation judiciaire. Il réclame 2,5 M€ de dommages et intérêts.

L’origine des troubles remonte à 2009. Le groupe  lance un programme de transformation des enseignes ED qui deviennent progressivement des magasins DIA (une marque de hard discount venue d’Espagne). Chez Carrefour, un plan d’économies est alors mis en place. « Selon une note bancaire, les magasins ne gagnant pas d’argent ont été externalisés en priorité. Des boutiques structurellement déficitaires ont ainsi été confiées à des franchisés. Cela s’apparente à de la tromperie », assure une source proche du dossier.

C’est dans ce contexte qu’en mai 2010 Merzack Harchaoui se retrouve à la  du magasin ED d’Evry. « J’étais déjà directeur d’un ED (NDLR : en tant que salarié). Je voulais devenir mon propre patron. J’ai apporté les 10000 € nécessaires pour me lancer », raconte-t-il. « Il n’y a aucun intérêt à fournir des magasins déficitaires. Et l’historique des comptes est fourni », répond-on chez DIA qui, en 2011, s’émancipera finalement de Carrefour. « Je n’ai vu que des comptes prévisionnels, pas d’historiques », jure, pour sa part, le franchisé.

A son arrivée, Merzack Harchaoui constate que les stocks du magasin sont très bien fournis. Une marchandise qui a un coût : 89000 €. Il contracte alors une dette qu’il traînera d’emblée comme un boulet. Le gérant doit alors payer d’avance toutes les livraisons futures. « Nous utilisons ce système d’avance pour les franchisés ayant beaucoup d’impayés », explique-t-on chez DIA. « Je démarrais tout juste, s’indigne le franchisé. Et souvent des marchandises, commandées et payées, ne m’étaient pas livrées car indisponibles. Alors, soit les remboursements traînaient, soit ils n’arrivaient jamais. » DIA ne peut se « prononcer sur ce point économique » car il doit publier ses résultats d’exploitation jeudi prochain.

Merzack Harchaoui s’accroche. Il supprime la pause du midi, ouvre le dimanche matin, crée une boulangerie, lance un rayon halal. Le chiffre d’affaires passe de 33000 € à 42000 € par semaine. « Tout cela malgré des prix de vente imposés, par exemple une denrée achetée 1,33 € et vendu… 1,20 €, critique le franchisé. Je l’ai fait constater par huissiers. » Pourtant, « imposer des prix de vente est strictement interdit », confirme un spécialiste de la grande distribution. « Il y a des prix simplement conseillés, en respectant la logique du hard discount », avance-t-on chez DIA.

Lors d’une formation sur les cartes de fidélité, Merzack rencontre plusieurs collègues. Au bout de quelques discussions, ils constatent qu’ils subissent les mêmes agissements et décident de se mobiliser. Finalement, après des mois de conflits, les caisses enregistreuses de Merzack, « entretenues chacune pour 8000 € par an », sont bloquées à distance et ses mots de passe changés. « Une pratique choquante de plus dans un secteur qui mise sur l’épuisement des franchisés », constate un proche du dossier. Les cinq employés de Merzack Harchaoui seront repris par DIA.
Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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