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leParisien.fr

Comment jugez-vous le plan d’aide international à la Grèce?
Jean-Claude Mailly: Il était nécessaire. Ceci étant, c’est une vraie purge pour les salariés grecs. On a vu les réactions et il y en aura encore, car les contraintes imposées par l’Union européenne et le FMI auront des conséquences lourdes sur les salaires, les retraites et le pouvoir d’achat du peuple grec. C’est très regrettable, même s’il est vrai que le gouvernement précédent avait maquillé les chiffres avec l’aide de Goldman Sachs.

Les Français vont-ils être soumis à la même potion amère?
Réaffirmer comme l’a fait François Fillon que l’on va geler en volume les dépenses publiques et sociales jusqu’en 2012, et ainsi revenir en 2013 aux critères de Maastricht avec un déficit public à 3 % du PIB, cela implique une sévère cure d’austérité ! Or, malgré les promesses sur une nouvelle régulation de la finance mondiale, les attaques spéculatives continuent. Tant au niveau du G 20 qu’européen, rien n’a été fait pour moraliser les marchés. Les salariés ont le sentiment d’avoir pris la crise en pleine figure. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux ont été mis au chômage partiel. Le chômage a augmenté et grimpe encore. Il y a quelques semaines, on nous expliquait que la récession était terminée. Et voilà qu ’aujourd’hui le discours a changé. C’est un peu comme si un médecin disait à un malade : « Cela va beaucoup mieux, soyez rassurés, mais je vous préviens, je vais augmenter la chimiothérapie »...

Avez-vous des assurances sur l’avenir des mesures anticrise de l’an dernier?
Aucune. Nulle garantie notamment sur l’exemption des deux tiers d’impôt sur le revenu pour les ménages modestes. J’ai le sentiment que cette mesure ne sera pas reconduite... Ce sommet doit faire le point sur les questions économiques, industrielles et d’emploi. FO compte aussi proposer une série de pistes pour relancer la croissance dans les trois prochaines années. Mais cela coûte un peu d’argent. Si le gouvernement donne un tour de vis supplémentaire, il ne pourra rien faire.

Craignez-vous la suppression de certaines aides aux particuliers et le maintien de celles aux entreprises, au nom de la compétitivité?
Les aides fiscales et sociales accordées ces dernières années aux entreprises ont été nombreuses. Sous couvert de « compétitivité », et parce qu’ils ont toujours peur de la réaction des marchés, les gouvernements hésitent à les remettre en cause. Dans notre pays, l’urgence consiste à faire une grande réforme fiscale. La crise a entraîné un développement important des inégalités. Il faut mettre davantage de justice dans notre politique fiscale, et bien sûr oeuvrer à la relance de l’économie. Voilà nos deux priorités.

PROPOS RECUEILLIS PAR SÉVERINE CAZES
 
Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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