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Huit syndicats ont appelé à une journée de grève le 7 septembre prochain, pour protester contre le projet de réforme des retraites. Mais Force ouvrière s'est encore une fois fait remarquer en refusant de parapher le texte commun. Raison invoquée: la mention explicite du retrait du texte du gouvernement n'y figure pas. Stéphane Lardy, en charge de ce dossier à FO, justifie l'attitude du syndicat.

FO appelle à faire grève le 7 septembre mais a refusé de signer le texte commun de l'intersyndicale. Pourquoi?
Nous avons toujours indiqué que nous souhaitions le retrait ou l'abandon du projet de loi gouvernemental pour une autre réforme. Mais certaines organisations syndicales n'ont pas souhaité mettre le mot "abandon" ou "retrait" dans le communiqué, c'est pour ça que nous ne l'avons pas signé. Pour autant, on sera là le 7 septembre.

De quelles organisations syndicales s'agit-il?
Certaines ne se sont pas exprimées, d'autres ont dit qu'elles ne souhaitaient pas que le mot "abandon" figure dans ce communiqué. Nous on a fait, comme les autres, des propositions depuis des mois sur les autres sources de financement pour réformer les retraites. On abandonne ce projet actuel et on débat sur un vrai projet qui ne fait pas porter 90% de la réforme sur les salariés de ce pays. C'est comme quand vous faites une bouillabaisse ratée, si vous rajoutez du sel et du poivre, ce n'est pas bon non plus. On avait dit qu'on serait là le 7, on sera là, avec nos mots d'ordre et nos revendications. Il appartient à chacun de se déterminer.

«Les communiqués de presse, ce n'est pas ce qui fait l'action sur le terrain»

Ne craignez-vous pas qu'à force de faire bande à part, FO passe pour le briseur d'unité syndicale?
La question que nous posons c'est: "l'unité syndicale pour quoi faire?" Il faut donner du sens à l'unité d'action. On respecte les positions des autres délégations syndicales, on attend à ce qu'on respecte la notre. Etre dans une intersyndicale, ce n'est pas prôner une institution. On est là pour débattre. Les communiqués de presse, ce n'est pas ce qui fait l'action sur le terrain. On ne prétend pas détenir la vérité révélée, mais voilà notre position, d'autres ne la partagent pas. Mais on a toujours dit que ce n'est pas une organisation syndicale qui ferait tout, toute seule. C'est pourquoi nous sommes présents le 7 septembre. C'est indispensable que l'ensemble des forces syndicales se mobilisent contre ce projet. Ce n'est pas pour autant qu'on met sous le boisseau les revendications de chacun.

Attendez-vous une mobilisation forte le 7 septembre?
Elle est indispensable. Je pense que ce sera fort mais je ne fais pas de météo sociale. Reste à voir si ça sera suffisant, car en face, on a un président droit dans ses bottes. Il l'a répété: le cœur du projet, à savoir le recul de l'âge légal, n'est pas négociable ni amendable. Il faut donc créer un rapport de force suffisant.

Que prévoyez-vous ensuite?
Il faut d'abord que le 7 septembre marche, et ensuite voir la réponse du gouvernement et du Parlement. Si la réponse est de dire: 'on ne change rien', de notre côté, on a toujours dit que ça aurait de la gueule que les huit syndicats appellent à une grève de 24 heures. Les organisations syndicales ont décidé de se revoir le 8 septembre pour faire le point. Mais préparons déjà le 7, faisons en sorte que ce soit réussi. Si la mobilisation est massive, les pouvoirs publics ne pourront pas rester sourds.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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