Nicolas Sarkozy a annoncé, mercredi 5 mai, aux députés UMP qu'il allait signer, "ce mois-ci", avec la grande distribution "un accord de réduction des marges" dans le cadre de l'aide aux agriculteurs.
"On va bientôt limiter les marges. Un engagement de réduction des marges doit intervenir dans la grande distribution. Je signerai avec eux un accord de réduction des marges ce mois-ci", a-t-il déclaré en recevant les députés UMP à l'Elysée.
Dans un entretien à La France agricole paru vendredi, le président de la République avait précisé qu'il comptait réunir le 17 mai à l'Elysée les distributeurs, les agriculteurs et l'industrie agroalimentaire à ce sujet.
Interrogé par le député Bernard Reynès sur les difficultés de l'agriculture et la mise en place d'une TVA sociale, il a répondu, après avoir évoqué les marges: "n'employez pas le mot TVA sociale, qui est ravageur".
Le chef de l'Etat a affirmé que la France "ne cèdera sur aucun élément de la PAC", la politique agricole commune, dont une réforme est attendue pour après 2013.

Plus de cotisations patronales sur les saisonniers

Revenant sur l'aide du gouvernement aux agriculteurs, il a indiqué que "c'est la première fois que les agriculteurs pourront déduire des cotisations de MSA" (Mutualité sociale agricole). "On a décidé de supprimer la totalité des cotisations patronales sur les saisonniers. On va beaucoup travailler sur l'assurance et la réglementation des prix", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Le projet de la loi de modernisation de l'Agriculture et de la Pêche (LMAP) prévoit la possibilité pour les agriculteurs l'étalement d'une partie de leurs cotisations dues à la MSA sur les bonnes années afin de ne pas alourdir les mauvaises années. Ce projet de loi passe au Sénat à partir du 18 mai.
Le gouvernement s'était engagé l'été dernier à cette exonération totale des charges alors que les producteurs de fruits étaient confrontés à une grave crise en raison de la chute des prix.
Il s'agissait aussi d'améliorer la compétitivité de ce secteur par rapport à ses concurrents européens, comme l'Allemagne ou l'Espagne, où le taux horaire est bien inférieur (entre 6 et 8 euros).

 

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