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Dans l’entrepôt de Ploufragan (Côtes-d’Armor), l’encadrement proteste contre la décision de la direction de ne pas distribuer les masques de protection reçus sur le site, selon nos informations.

Coronavirus : dans un entrepôt Carrefour, menaces de sanctions pour droit de retrait

La crise du coronavirus tend les relations chez Carrefour. Dans des lettres adressées individuellement samedi à des salariés exerçant leur droit de retrait, la direction de l'entrepôt de Ploufragan (Côtes d'Armor) les a menacés de retenues sur salaire et de procédures disciplinaires « pouvant entraîner une sanction » au cas où ils ne reprendraient pas le travail, selon nos informations.

La veille, élus syndicaux et membres de l'encadrement avaient déclenché un droit d'alerte suite au refus de la direction de distribuer des masques, vraisemblablement disponibles sur le site. Droit d'alerte et droit de retrait peuvent être exercés par tout salarié qui juge encourir au travail un « danger grave et imminent ».

Rétention de protections

Dans le courrier remis en main propre et que Le Parisien a consulté, le directeur du site dit estimer que « le droit de retrait n'est pas justifié », Carrefour Supply Chain ayant « mis en oeuvre toutes les dispositions prévues par le Code du travail ainsi que les recommandations gouvernementales (...) en ayant informé et protégé ses collaborateurs contre le coronavirus ».

La lettre égrène une liste de mesures prises par Carrefour Supply Chain (affichage sur les gestes barrières, mise à disposition de gel hydroalcoolique, nettoyage des locaux « renforcé »...), tout en évoquant le « fait de ne pas avoir mis à disposition des masques de protection ».

Selon le texte du droit d'alerte co-signé par le directeur du site, il est indiqué que ce dernier « a reçu ce matin (NDLR : vendredi) 2100 masques afin de protéger les salariés contre le Covid-19 ». « Celui-ci nous informe pendant notre brief qu'on lui a demandé de ne pas les distribuer », poursuit le document dont nous avons pris connaissance.

« Plusieurs millions dans quelques heures »

Qui s'oppose à la mise à disposition des masques ? « La direction nous a dit que c'était une décision nationale », affirme Alain Mahé, représentant CGT à Ploufragan. Problème de réassort dans les entrepôts ? « Ils sont arrivés partout. Mais on nous dit qu'on attend le pic de l'épidémie », lâche Denis Tizon, délégué syndical central CGT de LCM, la branche logistique de Carrefour.

Contactée, la direction de Carrefour déclare ne pas être au courant d'une quelconque décision ne pas distribuer les masques dans les entrepôts. « Nous avons commandé plus de 20 millions de masques. Il y en a plusieurs millions qui arrivent dans quelques heures », souligne-t-elle.

Vendredi 20 mars, Bercy a expliqué que les masques de la grande distribution ne seraient plus réquisitionnés pour les soignants. Le groupe Carrefour avait annoncé dans la foulée des commandes de masques.

Plus de 250 salariés dans le Gard ?

Sur les sanctions agitées par la direction de Ploufragan, le groupe calme le jeu : « En aucun cas, les retenues sur salaire n'ont été mises à exécution car nous avons toujours tout résolu par le dialogue. » Dans les Côtes d'Armor, la CGT dit ne pas avoir reçu les mêmes garanties. Mais «s'il y a des retenues, on ira au tribunal. Il est hors de question qu'un salarié perde de l'argent », prévient Denis Tizon.

Selon le syndicat, 26 salariés de l'entrepôt ont exercé leur droit de retrait vendredi à Ploufragan et six ont poursuivi samedi. La direction évoque une trentaine de salariés ayant usé de ce droit sur l'ensemble du groupe, sans préciser le nombre d'entrepôts concernés.

Mais selon un représentant syndical de l'entrepôt de Saint-Gilles, dans le Gard, plus de la moitié des 500 salariés de cette autre plate-forme logistique ne se seraient pas rendu à leur poste le 16 mars pour protester contre des mesures jugées insuffisantes. Là encore, la direction du site a fait savoir par écrit que le droit de retrait n'était « pas justifié ». « Une centaine de salariés ont fait valoir leur droit de retrait, mais à l'oral et ça a été réglé dans le cadre du dialogue social », commente le groupe Carrefour.

Coronavirus : dans un entrepôt Carrefour, menaces de sanctions pour droit de retrait

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