Pas de cadeau de bienvenue pour Alexandre Bompard. A fin septembre, selon les chiffres exclusifs que nous avons récupérés - réservés habituellement aux hauts cadres de la maison - le chiffre d’affaires sur un an de la branche regroupant les hypermarchés et supermarchés intégrés de l’Hexagone est passé de 16,65 à 16,04 milliards d’euros, soit une baisse de 611 millions d’euros. Et la situation ne cesse d’empirer : la baisse des ventes sur un an était de 459 millions à fin juillet et de 567 millions à fin août. Une petite hémorragie pour le groupe, dont la France représente 45% du chiffre d’affaires mondial.

Déjà en baisse de 36% au premier semestre 2017, le résultat opérationnel courant de Carrefour France devrait encore chuter au second. D’autant plus que, selon nos informations, la branche proximité (Carrefour Contact, City), qui dégageait entre 200 et 250 millions d’euros de marge chaque année, finira 2017 autour de 80 millions d’euros environ, en raison de l’intégration des ex-magasins Dia.

« Vous allez bientôt me détester », lançait récemment le directeur exécutif de Carrefour France, Pascal Clouzard, à ses équipes dirigeantes. La cote de popularité d’Alexandre Bompard ne devrait pas être bien meilleure. Le 23 janvier prochain, le nouveau PDG détaillera son plan de relance, dont Capital analyse plusieurs points dans son édition en kiosque ce jeudi 21 décembre.

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La Chine, l’Argentine et la Pologne bientôt en vente ?

L’ex-patron de la Fnac semble décidé à prendre le taureau par les cornes. Selon des sources proches du dossier, il aurait mandaté trois banques d’affaires afin de sortir de Chine, d’Argentine et de Pologne. Les deux premières cessions ne rapporteraient pas grand chose mais supprimeraient des foyers de pertes. La troisième aurait pour seul but de renflouer les caisses. Sollicité par Capital, Carrefour dément avoir sollicité des banques d'affaires.

Un retrait de Chine marquerait en tout cas un tournant historique dans la stratégie du distributeur. Carrefour y est entré dès 1995 mais son chiffre d’affaires y chute depuis trois ans et ses pertes se creusent depuis deux ans. Et ce malgré les tentatives de George Plassat, le prédécesseur d’Alexandre Bompard, pour réformer la logistique des hypermarchés et développer les formats de proximité à Shanghai. Pendant ce temps, Walmart a pris une participation dans le pure player chinois JD.com et Auchan s’est allié avec le grand leader de l’internet, Alibaba. Comme Carrefour sembler en caresser l’idée aujourd’hui, l’Anglais Tesco avait déjà jeté l’éponge en 2013.

Retrouvez une enquête complète sur Carrefour dans l’édition de Capital en kiosque ce jeudi 21 décembre.

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